Info-flash du 30 octobre 2019

Le projet MATIS ! Pourquoi nous avons voté pour une expérimentation ?

Comité Central d’Entreprise du 23 octobre 2019

Voici le point détaillé sur l’expérimentation de ce nouvel outil qui nous a été présenté pour la première fois au CCE en présence du directeur général Nicolas Revel. La direction nous a demandé de nous prononcer sur l’économie générale du projet MATIS

En préambule, rappelons simplement que le logiciel HIPPOCRATE a été conçu dans les années 90 et qu’il ne présente plus les caractéristiques de sécurité requises (quiconque peut modifier les observations) et d’ergonomie (récupérer les données des observations précédentes est un véritable calvaire).
Il convient de rendre compte de la chronologie des échanges et de notre positionnement en conséquence. En effet, nous avions reçu un document plutôt technique de 30 pages, où le sujet de l’observation médicale était réduit à 5 lignes !
Il nous a alors été expliqué que le projet MATIS allait évoluer en différents paliers.

  • Le palier 1, prévu pour 2020, MATIS doit être installé en pré-production à l’ELSM de Valence ‪le 15 novembre 2019‬ et en présérie dans tous les ELSM de la DRSM AURA le ‪5 décembre 2019‬. Le déploiement est ensuite prévu en vagues progressives courant 2020.
    Ce palier 1 fonctionnera en sus d’Hippocrate.
    Il permettra de constituer des instanciers adaptés à l’organisation actuelle en UTAA, USA, ULAF… ce que ne permet pas Hippocrate.
    Il apportera une nouveauté importante, la constitution d’un instancier pour le traitement des dossiers confidentiels (en particulier ceux du personnel) avec une meilleure sécurisation de cette gestion réalisée par les seuls agents habilités.
    Par ailleurs, ce nouvel outil va intégrer les contrôles a posteriori (évitant ainsi d’autres saisies).
    Il donne la possibilité d’un accès à un champ libre d’informations mais l’observation médicale, les rapports, la signature des avis et les LM2A resteront dans Hippocrate.
  • Avec le palier 2,  planifié pour fin 2020, ces éléments (observation médicale, rapports médicaux, signature des avis, LMA) seront inclus dans MATIS. Nous pourrons alors abandonner Hippocrate.

Nous avons soulevé de nombreuses questions et fait part de notre profonde inquiétude.

Deux points ont été longuement abordés :

  • l’absence de saisie de données médicales prévue dans l’outil Matis ;
  • l’absence de possibilité de consultation des dossiers qui ne sont pas en cours d’instruction.

Nous avons déclaré que ces nouvelles modalités allaient à l’encontre de nos organisations et de nos missions.
Devant les nombreuses questions restées en suspens, il était évident pour le SGPC que nous ne pouvions engager l’avenir du service médical en validant l’économie générale du projet sur les seuls éléments apportés.

Dans ces conditions, après de multiples échanges montrant l’impasse dans laquelle le CCE se trouvait, la direction a fait évoluer sa question et proposé de soumettre au vote uniquement la mise en place de l’expérimentation du palier 1 dans l’ELSM de Valence puis dans la région AURA.
Lorsque le bilan de l’expérimentation sera présenté en instance nationale (a priori en CSE Central puisque le CCE aura cessé d’exister), il sera alors possible de se prononcer sur le projet d’ensemble.

Nous attendions des réponses claires

Il nous est apparu possible de nous prononcer à condition d’obtenir des réponses claires sur les deux points essentiels pour les praticiens conseils soulignés plus haut :

Question 1 sur l’observation médicale : la direction peut-elle nous confirmer ou pas qu’il y aura bien une observation médicale dans MATIS ? 
==> La réponse est oui.

Dans le palier 1, il n’y a qu’une zone d’information, mais contrairement à ce qui était écrit dans les documents que nous avions reçus, cette zone pourra comporter des données d’ordre médical.
L’observation médicale proprement dite restera dans Hippocrate au palier 1 et elle n’apparaitra dans MATIS qu’avec le palier 2.
Elle comportera des propositions de structuration facilitatrices (zone antécédents, doléances, examen…).
Ainsi, les antécédents une fois remplis, il sera possible de s’y reporter directement sans avoir à les rechercher dans les observations antérieures.
Des rapports types, des masques de saisie seront à disposition mais il restera toujours une zone de texte libre.
Nous aurons le temps de voir en détail ces nouveautés lors de la présentation du palier 2 et pourrons nous prononcer sur leur efficience.

Question 2 sur l’accès au dossier : Peut-on avoir réellement accès à un dossier en dehors du traitement d’une question, en particulier pour un dossier contentieux ou un échange confraternel ?
==> La réponse est oui.

Par contre, s’il n’y a pas d’instruction en cours du dossier, il faudra ouvrir une consultation (case à cocher) et indiquer le motif (ex : échange confraternel, RCT, CCX… ).

Dès lors, quelle attitude adopter ?

Refuser en bloc MATIS comme certains, de surcroit sans proposer aucune alternative et claquer ainsi la porte aurait produit un bel effet théâtral (pré-électoral) ? Mais cela nous aurait gravement décrédibilisé pour proposer les aménagements nécessaires et veiller à la bonne ergonomie d’ensemble et surtout négocier la difficile phase de transition entre les deux environnements logiciels.
Effectivement, nous savons, pour les avoir vécues, que certaines expérimentations se font à marche forcée, avec une injonction de résultat positif quels que soient les effets adverses mis en évidence ou en minimisant la portée de ceux-ci, au grand dam parfois des praticiens conseils qui se sont pleinement investis à rendre un meilleur service à la collectivité et qui perdent le sens de leurs missions.
S’opposer à l’évolution de nos outils métiers est absurde : le changement est inéluctable et nécessaire afin d’être en phase avec nos partenaires institutionnels et surtout extérieurs.

Compte tenu de ces éléments, du fait qu’Hippocrate a été conçu en 1990, qu’une majorité de praticiens conseils souhaite depuis longtemps un outil plus adapté, que la démarche progressive en palier nous paraît raisonnable pour un tel projet et sous réserve de l’effectivité de la saisie d’informations médicales dans MATIS et de la limitation de l’avis à l’expérimentation du palier 1 dans la DRSM AURA, nous avons décidé de donner un avis favorable à la question posée.

Cependant, nous avons décidé de créer au sein du SGPC une cellule interne pour le suivi spécifique du développement de MATIS, compte tenu des conséquences majeures pour les praticiens conseils de la mise en place de ce nouvel outil.

N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques.

Vos représentants SGPC CFE-CGC au CCE 

Yvan MARTIGNY, Dominique SOULÉ de LAFONT, Michel MARCHAND, Anne-Laure GAUTHIER-FAVRET, Valérie LONGUEPÉE, Marie-Hélène BOST, Dominique CHAILLET-POIRIER, Guilhem DELAS, Françoise LE NORMENT, Géraldine ROSET