Info-flash du 2 mars 2019

Le praticien conseil au centre du dispositif IJ : mythe ou réalité ?

Importants changements de modalités d’actions sur les Ij annoncés par la direction.

Lors du dernier CCE du 7 février, la problématique des effectifs de médecins conseils et de l’attractivité du métier a été de nouveau abordée.
La direction a précisé qu’elle avait bien conscience des difficultés et qu’elle espérait que le métier de médecin conseil devienne plus attractif au regard des nouvelles modalités de recrutement et de gestion des Ij.

Concernant la gestion des Ij, elle a indiqué qu’il n’était plus question de faire de la “bâtonnite” de convocations, ce système ayant montré ses limites sur l’inflexion des Ij. Pour elle, il est nécessaire aujourd’hui que le service médical change son mode de fonctionnement dans la gestion des arrêts de travail, d’où les nouveaux indicateurs CPG Ij. En l’occurrence, il s’agit de mieux rendre compte de l’activité des ELSM en comptabilisant non plus seulement le nombre de convoqués mais désormais le nombre de contacts pris par le service médical dans le processus Ij, que ce soit par les CSAM, les ISM ou les médecins conseils.

Le directeur de la DDO a déclaré par ailleurs, qu’il avait toujours été surpris que le service médical convoque des personnes “malades” car il faut convoquer “utile” !
Pour la direction, les médecins conseils doivent être au cœur du dispositif Ij en orientant eux-mêmes les dossiers vers les actions de contrôle les plus pertinentes et en réalisant l’accompagnement des médecins libéraux dans la prescription des Ij.
Cette nouvelle approche touchera aussi les CPAM puisque nos avis ne feront pas forcément l’objet d’une liaison médico-administrative.

Nous sommes intervenus pour dire que nous étions satisfaits que les médecins conseils, dans le contexte actuel de risques psychosociaux et de démissions répétées, puissent retrouver une autonomie dans leur métier et ne plus pratiquer la politique de “l’abattage” de convoqués qui a cours depuis maintenant de trop nombreuses années. Cette politique “d’abattage”, au vu du déficit d’effectif de plus en plus important, avec des régions en réelle souffrance, n’est plus admissible ni raisonnable car elle est en grande partie à l’origine de la désaffection des médecins pour le métier de médecin conseil.

La direction a admis, et nous la rejoignons sur ce point, que l’activité des médecins conseils ne doit pas se réduire à celle de “producteurs d’ADM”, l’accompagnement de certains assurés dans le cadre de la PDP et de la visite de pré-reprise, ainsi que l’accompagnement des médecins traitants dans leurs prescriptions d’arrêts de travail permettant une meilleure régulation des Ij.

Nous demandons qu’une communication large et claire sur ce changement important de paradigme soit entreprise par la direction, bien sûr auprès des managers mais aussi et surtout auprès des médecins conseils niveau A puisqu’une pleine adhésion de leur part est nécessaire.
A cet effet, il faut également que la Direction prévoie et programme rapidement des formations et une mise à disposition des outils et procédures adéquats et stabilisés. A ce sujet, nous insistons pour que les nouveaux outils (MATIS en particulier) permettent de conserver une observation médicale dès lors qu’un malade a été examiné par le médecin conseil.
La direction indique que cette communication a déjà débuté puisqu’elle a réuni à Paris en décembre tous les MCCS et qu’elle prévoit de se déplacer prochainement dans les régions pour le dialogue de gestion.
Elle ne précise pas pour autant si elle projette de rencontrer les personnels de terrain. Nous objectons qu’à ce jour, l’information n’est manifestement pas transmise sur le terrain et que les modalités de convocation, à notre connaissance, restent inchangées.

Sur les nouveaux objectifs CPG Ij, on constate que certains vont dans le bon sens mais d’autres nous laissent perplexes. Nous sommes convaincus que seule une déclinaison collective de ces objectifs CPG permettra une bonne adhésion et évitera tous risques contentieux sur le versant déontologique.

Nous ferons avec vous, dans chaque région, des points réguliers sur la déclinaison de cette nouvelle gestion des Ij en restant vigilants sur la réalité de la revalorisation du rôle du médecin conseil et la disparition des méthodes de contrôle qui ne permettent que de satisfaire des indicateurs sans efficacité réelle sur la maitrise des risques, tout en entrainant une perte de sens du travail et d’intérêt pour notre métier.

Le BUREAU NATIONAL SGPC à votre écoute.